L’arthroscopie fait partie intégrante de l’activité d’orthopédie et de traumatologie à la Clinique Sirius. Il s’agit d’une technique mini-invasive qui permet d’explorer l’intérieur des articulations à l’aide d’une caméra de très petit diamètre, introduite directement dans l’articulation. Cette approche offre une visualisation directe, précise et dynamique des structures articulaires, tout en limitant considérablement l’agression chirurgicale par rapport à une arthrotomie classique.
Principes généraux de l’arthroscopie
L’arthroscopie repose sur l’introduction d’un arthroscope, associé à un système d’éclairage et de caméra haute définition, permettant d’observer en temps réel le cartilage articulaire, l’os sous-chondral, la membrane synoviale, les ligaments intra-articulaires et, selon l’articulation, les ménisques. Des instruments spécifiques peuvent être introduits par des ports complémentaires afin de réaliser des gestes thérapeutiques ciblés.
Cette technique nécessite une anesthésie générale et une préparation rigoureuse du patient, mais elle permet ensuite une exploration très fine des lésions, souvent impossible à apprécier de manière complète par l’imagerie seule. L’arthroscopie est à la fois un outil diagnostique et thérapeutique, qui s’inscrit dans une démarche de chirurgie raisonnée et précise.
Elle est principalement utilisée pour l’exploration et le traitement des grandes articulations du chien. Les articulations les plus fréquemment concernées sont le coude, l’épaule et le genou. Selon les indications, d’autres articulations peuvent également être explorées, mais ces trois localisations constituent le cœur de l’activité arthroscopique en pratique courante.
Cet examen permet une inspection complète de l’articulation, avec une excellente visualisation des surfaces articulaires et des structures profondes, tout en respectant au maximum les tissus péri-articulaires.
Arthroscopie du coude et dysplasie du coude
L’arthroscopie du coude occupe une place centrale dans l’activité de la clinique, notamment dans la prise en charge de la dysplasie du coude. La dysplasie du coude regroupe un ensemble d’affections développementales touchant principalement les chiens de moyenne et grande race, et responsables de boiteries souvent précoces et évolutives.
L’arthroscopie permet de diagnostiquer avec précision et de traiter différentes composantes de la dysplasie du coude, en particulier la fragmentation du processus coronoïde médial de l’ulna, qui est l’une des lésions les plus fréquentes. Elle permet également d’explorer et de traiter les lésions cartilagineuses associées, les remaniements de l’os sous-chondral, ainsi que certaines formes d’ostéochondrite disséquante du condyle huméral médial.
Grâce à l’arthroscopie, les lésions peuvent être visualisées directement, fragmentées ou retirées de manière ciblée, tout en limitant l’agression de l’articulation. Cette approche favorise une récupération fonctionnelle plus rapide et permet d’adapter au mieux la prise en charge globale, notamment en association avec d’autres techniques chirurgicales lorsque cela est nécessaire.
Arthroscopie de l’épaule et ostéochondrite disséquante
L’arthroscopie de l’épaule est largement utilisée pour le diagnostic et le traitement de l’ostéochondrite disséquante de l’épaule. Cette affection, fréquente chez les jeunes chiens de grande race, se caractérise par une anomalie du cartilage articulaire, le plus souvent localisée sur la face caudale de la tête humérale.
L’arthroscopie permet de confirmer le diagnostic, d’évaluer précisément l’étendue des lésions cartilagineuses et de retirer les fragments instables ou détachés. Elle offre également la possibilité de préparer le lit sous-chondral de manière contrôlée, afin de favoriser un processus de cicatrisation adapté.
Comparée à une chirurgie ouverte, l’arthroscopie de l’épaule est moins invasive, mieux tolérée et associée à des suites opératoires généralement plus simples, tout en offrant une excellente qualité de visualisation et de traitement des lésions.
Arthroscopie du genou diagnostic et thérapeutique
L’arthroscopie du genou est utilisée à la Clinique Sirius à des fins diagnostiques et thérapeutiques, notamment dans le cadre des affections du ligament croisé crânial. Elle permet d’explorer l’intérieur de l’articulation du genou, d’évaluer l’état du ligament croisé, des ménisques et du cartilage articulaire.
Sur le plan diagnostique, l’arthroscopie permet de confirmer la rupture partielle ou complète du ligament croisé, d’apprécier les lésions associées et de poser une indication chirurgicale adaptée. Sur le plan thérapeutique, elle permet notamment le traitement des lésions méniscales, avec le retrait ciblé des lambeaux méniscaux instables, ainsi que l’élimination des débris ligamentaires intra-articulaires.
L’arthroscopie du genou peut être intégrée à une prise en charge chirurgicale plus globale, en complément des techniques de stabilisation du genou, afin d’optimiser le résultat fonctionnel à long terme.
De gauche à droite : Retrait d’un fragment de processus coronoïde interne sur le coude d’un Cane Corso. Volet d’OCD sur une épaule d’un Border Collie. Exploration du genou d’un Berger Australien : LCP = ligament croisé postérieur, LCA = ligament croisé antérieur.
Avantages et limites de l’arthroscopie
L’arthroscopie présente de nombreux avantages. Elle permet une exploration très précise des articulations, avec un traumatisme chirurgical limité, des incisions de petite taille et une meilleure préservation des tissus. Les suites opératoires sont généralement plus simples, avec une récupération fonctionnelle plus rapide et une douleur postopératoire souvent réduite.
Elle offre également un avantage diagnostique majeur, en permettant de visualiser directement les lésions et d’adapter immédiatement la stratégie thérapeutique en fonction des constatations peropératoires.
Comme toute technique, l’arthroscopie a ses limites. Certaines lésions très étendues ou certaines situations complexes peuvent nécessiter des approches chirurgicales complémentaires ou différentes. L’arthroscopie ne se substitue pas aux autres examens d’imagerie, mais vient en complément du scanner, de la radiographie ou de l’examen clinique, dans une démarche cohérente et raisonnée.