La radiographie constitue l’un des piliers de l’imagerie médicale vétérinaire et occupe une place essentielle dans l’activité quotidienne de la Clinique Sirius. Il s’agit d’un examen accessible, rapide, largement disponible, et souvent réalisé en première intention lors d’une consultation, qu’il s’agisse d’un problème locomoteur, respiratoire, digestif, traumatique ou plus général.
À la Clinique Sirius, nous sommes équipés d’un système de radiographie numérique moderne, qui correspond aujourd’hui au standard de qualité attendu en médecine vétérinaire. Cette technologie permet une acquisition rapide des images, une excellente qualité diagnostique, une lecture immédiate et une conservation optimale des clichés dans le dossier médical du patient.
La radiographie est un examen simple dans son principe, mais exigeant dans sa réalisation. La qualité des images, et donc la pertinence de leur interprétation, repose sur des règles techniques strictes, une installation rigoureuse du patient et une méthodologie systématique.
Principe général de la radiographie
La radiographie repose sur l’utilisation de rayons X traversant le corps du patient. Selon la densité des tissus traversés, ces rayons sont plus ou moins absorbés, ce qui permet de visualiser les structures internes sous forme de contrastes de gris.
Les structures denses, comme l’os, absorbent fortement les rayons X et apparaissent claires sur l’image. Les tissus mous présentent des contrastes intermédiaires, tandis que l’air apparaît sombre. Cette différence de densité permet d’analyser de nombreuses structures anatomiques, à condition que l’examen soit réalisé dans de bonnes conditions techniques.
La radiographie fournit une image plane, bidimensionnelle, ce qui implique des phénomènes de superposition. C’est pourquoi la rigueur dans la réalisation des clichés est indispensable pour éviter les erreurs d’interprétation.
Une radiographie de qualité nécessite un animal immobile
Pour obtenir une radiographie interprétable, l’immobilité du patient est un élément fondamental. Le moindre mouvement pendant l’exposition peut entraîner un flou de bougé et rendre l’image inexploitable.
Dans la majorité des cas, notamment chez le chien, une sédation légère est nécessaire pour garantir une immobilité suffisante, une bonne installation sur la table et un positionnement précis. Cette sédation est courte, adaptée à l’état du patient, et réalisée dans des conditions de sécurité maîtrisées.
Pour cette raison, lorsqu’un examen radiographique est envisagé, il est fortement recommandé que l’animal soit présenté à jeun. Cela permet de réaliser la sédation dans de bonnes conditions et d’éviter tout report de l’examen. Chez le chat, une contention douce ou une sédation légère est également fréquemment nécessaire, en fonction du tempérament de l’animal et du type de clichés à réaliser.
La rigueur du positionnement, clé de l’interprétation
La radiographie ne s’improvise pas. Une image de qualité repose sur un positionnement rigoureux, reproductible et conforme aux standards d’interprétation. À la Clinique Sirius, chaque examen est réalisé selon une méthodologie précise, permettant une analyse fiable et comparable.
Un principe fondamental en radiographie est la réalisation d’au minimum deux clichés orthogonaux, c’est-à-dire une vue de face et une vue de profil. Cette règle est indispensable pour localiser correctement une lésion et éviter les erreurs liées à la superposition des structures.
En orthopédie, cette exigence est encore plus marquée. Lorsqu’un membre est exploré, les deux membres sont systématiquement radiographiés, même si un seul est cliniquement douloureux. Cette comparaison est essentielle pour interpréter correctement les images, en tenant compte des variations anatomiques individuelles.
Par exemple, pour l’exploration d’un coude, plusieurs incidences sont nécessaires. Un cliché de face et un cliché de profil sont réalisés, auxquels s’ajoutent des profils en flexion et en extension. Ces mêmes incidences sont effectuées sur le membre controlatéral. Ce protocole strict permet une analyse fine des structures articulaires et une interprétation fiable.
Cette rigueur de positionnement s’applique à toutes les régions explorées, qu’il s’agisse des membres, de la colonne vertébrale, du thorax ou de l’abdomen.
Radiographies orthopédiques d’un chat présentant une fracture fémorale
Deux incidences orthogonales ont été réalisées pour chaque membre, une vue de face et une vue de profil, afin de limiter les superpositions et fiabiliser l’interprétation.
Le positionnement est standardisé et reproductible, permettant une comparaison directe entre le côté atteint et le côté controlatéral.
Les clichés sont latéralisés gauche et droite, condition indispensable pour éviter toute ambiguïté d’identification.
La boule de calibration (diamètre 25 mm), placée à hauteur de l’os, permet d’effectuer des mesures précises directement sur les images.
La qualité d’image est compatible avec une lecture diagnostique, avec un contraste satisfaisant et une bonne netteté.
Cette méthodologie rigoureuse permet une planification chirurgicale très précise et reproductible.
Ce que permet la radiographie chez le chien et le chat
La radiographie est un examen extrêmement polyvalent, utilisé dans de nombreux domaines de la médecine vétérinaire.
En orthopédie et traumatologie, la radiographie est souvent le premier examen réalisé. Elle permet de diagnostiquer les fractures, les luxations, les subluxations, les déformations osseuses, les troubles de croissance, les remaniements arthrosiques et de nombreuses affections osseuses ou articulaires. Elle est également utilisée pour le suivi postopératoire et l’évaluation de la consolidation osseuse.
La colonne vertébrale peut être explorée par radiographie. Cet examen permet de mettre en évidence des malformations vertébrales, des fractures, des instabilités, des remaniements dégénératifs ou des anomalies d’alignement. En revanche, la radiographie ne permet pas de visualiser directement une hernie discale, sauf dans des cas très particuliers ou lorsqu’une myélographie est réalisée. Aujourd’hui, la myélographie n’est quasiment plus utilisée, car le scanner et l’IRM offrent des informations bien plus précises et sûres.
La radiographie thoracique est un examen fondamental en médecine vétérinaire. Elle permet d’explorer les poumons, la trachée, le médiastin, la cage thoracique et la silhouette cardiaque. Elle est utilisée pour l’évaluation des affections respiratoires, des suspicions d’infections pulmonaires, de masses thoraciques, de traumatismes, ou dans le cadre de bilans préopératoires et oncologiques.
La radiographie abdominale permet d’évaluer la taille, la position et la forme des organes abdominaux, comme le foie, la rate, les reins, la vessie et le tube digestif. Elle est particulièrement utile pour détecter des corps étrangers, des distensions digestives, des calculs urinaires radio-opaques ou certaines masses abdominales. Elle est souvent complémentaire de l’échographie.
La radiographie dite cardiaque correspond à l’analyse de la silhouette du cœur sur les clichés thoraciques. Elle permet d’apprécier indirectement la taille et la forme du cœur, mais ne remplace en aucun cas l’échocardiographie, qui reste l’examen de référence pour l’exploration fonctionnelle cardiaque.
Les limites de la radiographie
La radiographie présente certaines limites inhérentes à sa nature bidimensionnelle. Les superpositions de structures peuvent compliquer l’interprétation, en particulier dans les régions anatomiques complexes.
Elle est peu performante pour l’analyse fine des tissus mous profonds et ne permet pas de visualiser directement certaines structures, comme la moelle épinière, les disques intervertébraux ou les lésions intracrâniennes. Dans ces situations, des examens d’imagerie avancée, comme le scanner ou l’IRM, sont nécessaires.
La radiographie fournit des informations morphologiques, mais peu d’informations fonctionnelles. Elle doit donc toujours être interprétée en lien avec l’examen clinique et, si besoin, complétée par d’autres examens.
Une radiographie intégrée dans une démarche clinique globale
À la Clinique Sirius, la radiographie n’est jamais un examen isolé. Elle s’intègre dans une démarche diagnostique globale, qui prend en compte l’examen clinique, l’historique du patient, les autres modalités d’imagerie et les examens complémentaires nécessaires.
La qualité de l’examen repose autant sur la technologie utilisée que sur la rigueur de sa réalisation et de son interprétation. La radiographie reste un outil fondamental, fiable et indispensable, lorsqu’elle est réalisée de manière méthodique, raisonnée et adaptée à chaque situation clinique.
Grâce à notre équipement numérique et à des protocoles stricts de positionnement et d’acquisition, la radiographie occupe une place centrale dans la prise en charge des chiens et des chats à la Clinique Sirius, aussi bien en première intention que dans le suivi de nombreuses affections médicales et chirurgicales.